Marc Pasteger raconte…

29 mars 2008

Les folles histoires des stars

Nouveau rendez-vous dans "Ciné-Télé-Revue", premier magazine belge (1.800.000 lecteurs) ! Toutes les trois semaines, sur deux pages, j'y raconte "Les folles histoires des stars", amusantes, délirantes, cocasses ou parfois dramatiques comme celle-ci...

Le drame de Rabbi Jacob

Vendredi 5 janvier 1973 à Saint-Tropez. Les pieds dans la boue, Gérard Oury et Michèle Morgan grelottent. Sur le chantier de leur villa en construction, ils écoutent l’architecte et tentent d’imaginer à quoi ressemblera leur résidence secondaire. Ils sont distraits par l’arrivée d’un camion. Des hommes en sortent un énorme bac contenant un olivier. Gérard Oury s’avance et détache la carte collée sur l’arbuste. Il lit: “De Jeanne et Louis de Funès, pour que tu penses à eux chaque fois que tu rentreras chez toi.”
Gérard Oury est ému de cette nouvelle manifestation d’amitié de la part d’un homme avec qui il s’apprête justement à retravailler. C’est que, en ce début d’année 1973, le célèbre metteur en scène français prépare un film: “Les aventures de Rabbi Jacob”. Une occasion pour Oury de retrouver de Funès qu’il a dirigé dans d’énormes succès populaires : “La grande vadrouille”, “Le corniaud” et “La folie des grandeurs”.
Pour “Les aventures de Rabbi Jacob”, de Funès sera un bourgeois raciste, antisémite amené à se déguiser en rabbin orthodoxe et mêlé à une prise d’otages.
La sortie de “Rabbi Jacob” est annoncée pour le 18 octobre 1973.
Or, le 6 octobre, éclate la guerre du Kippour qui a d’emblée des conséquences dans le monde occidental. Dix pays arabes décrètent qu’ils ne vendront plus de pétrole aux amis d’Israël. Douze jours plus tard, dans une atmosphère particulièrement tendue, “Les aventures de Rabbi Jacob” vont être lancées en France.
Le 18 octobre, en fin de matinée, les radios diffusent une nouvelle stupéfiante : un Boeing 727 allant de Paris à Nice a été détourné par une femme qui, entre autres exigences, veut que le long métrage “Les aventures de Rabbi Jacob” ne soit pas projeté dans les salles ! Cette femme s’appelle Danielle Cravenne, l’épouse de Georges Cravenne, chargé des relations publiques du film ! Danielle a 35 ans, deux enfants... et déprime. Elle ne supporte plus les milieux que fréquente son mari. Et, chemin faisant, s’est trouvé des sympathies pour les Palestiniens.
Alors, le 18 octobre, elle est montée dans ce Boeing avec un sac contenant un teckel et un faux revolver. Celui-là même qui lui permettra de semer la panique.
L’appareil se pose à Marignane. Danielle Cravenne désire aller au Caire. Mais, avant, elle demande à manger. Des policiers se déguisent en stewards et en techniciens. Il y a alors beaucoup de confusion et deux balles de P38 qui partent. Danielle Cravenne est tuée sur le coup. La carrière d’une des meilleures comédies de Gérard Oury commençait par un vrai drame.


Posté par mpasteger à 18:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


10 mars 2008

Claude François et la dame en blanc

Demain, il y aura trente ans que Claude François disparaissait brutalement. Voici l'histoire de la dame en blanc dont je vous parlais récemment.

Dans le livre qu’elle vient de publier (“Claude François, mon frère”, chez Hors Collection), Josette François raconte que, peu de temps avant sa disparition, Cloclo lui a confié ceci : “J’ai peur. Je vais te dire quelque chose, mais surtout, ne le répète à personne parce qu’on va me prendre pour un fou et, de toute façon, on ne me croira pas... Le soir, lorsque j’éteins la lumière pour m’endormir, une femme vêtue de blanc s’assoit au pied de mon lit et me fixe du regard. Je suis obligé de rallumer la lumière pour la faire disparaître. Je suis effrayé, je ne sais pas quoi faire...” Josette lui conseilla de placer un flacon d’eau bénite sur sa table de nuit. Ce qu’il fit. Et l’étrange visiteuse ne se manifesta plus. Mais, une semaine plus tard, Claude François mourait brusquement. Il fut enterré avec la petite bouteille qu’au cimetière, Kathleen, son ultime compagne, déposa sur le cercueil.
Le drame qui lui coûta la vie eut lieu dans l’appartement du boulevard Exelmans, à Paris. Quelques années après l’avoir acquis, Claude François apprit que le précédent propriétaire s’y était suicidé... dans la salle de bains ! Là où un accident allait lui être fatale le samedi 11 mars 1978.
Au fil de son ouvrage, Josette François se souvient : “Mon frère a simplement voulu redresser l’applique murale au-dessus de sa baignoire. Sur son index et son majeur figuraient d’ailleurs deux brûlures (...). Tout simplement parce que la gaine de fils électriques s’était usée, mettant à nu les fils conducteurs.”
“L’électricien est passé une première fois, m'a confié Claude François Junior, le 7 mars à 11h30, pour effectuer la réparation. Mais mon père dormait. Et comme la salle de bains communiquait avec la chambre à coucher, la secrétaire n’a pas pu le laisser entrer. Rendez-vous avait été repris pour le lundi suivant.” Le 13 mars 1978...

Posté par mpasteger à 00:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

28 février 2008

Les folles histoires de Cloclo

Cette semaine, dans "Ciné Télé Revue", je raconte les "Folles histoires de Cloclo". Trente ans après sa disparition, le chanteur passionne toujours les foules, par ses chansons, certes, mais également à travers un destin hors du commun.
Via les récits que je publie, vous ferez notamment connaissance avec une mystérieuse dame en blanc qui apparut à diverses reprises au bord du lit de Claude François peu de temps avant la mort de l'idole...

Posté par mpasteger à 12:26 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

15 février 2008

La presse aime l'amour !

En cette période de la Saint-Valentin, différents journaux ont annoncé la sortie de "Folles histoires d'amour" : "Ciné-Télé-Revue", "Femmes d'Aujourd'hui", "Metro", les quotidiens du groupe "Vers l'Avenir" ou "La Libre Belgique" dont voici le texte signé Francis Matthys.

RÉCITS

Folles histoires d'amour

Marc Pasteger

Jourdan Editeur (382, avenue de la Couronne, 1050 Bruxelles), 220 pp.

Quelques semaines seulement après "Folles histoires à boire et à manger", notre confrère Marc Pasteger publie un nouveau recueil savoureux, "Folles histoires d'amour", qui paraît à la veille - c'est jeudi prochain, n'oubliez pas ! - de la Saint Valentin. Une cinquantaine de romans-éclairs qui traitent du "seul sujet essentiel" , nés de la plume alerte d'un conteur qui a le don d'accrocher l'attention de qui le lit ou de qui l'écoute. A l'affiche de ces histoires émouvantes ou surprenantes, voire dramatiques, parfois romancées par l'auteur mais qui reposent sur des bases authentiques ? Des inconnu(e)s, mais aussi Sarah Bernhardt, Alexandre Dumas, la Lova Moor du "Crazy Horse", Dalida, Françoise Hardy et Dutronc, Grace et Rainier...

Fr. M.

La Libre Belgique - 8 février 2008

Posté par mpasteger à 00:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

12 février 2008

Louis XVI et Louis Pasteur

Dans "Folles histoires d'amour", je parle beaucoup d'anonymes, mais je consacre aussi des anecdotes à des personnages historiques...

Une conduite si étrange...

A distance, Marie-Thérèse, archiduchesse d’Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, suit les affaires matrimoniales de sa fille Marie-Antoinette qui a épousé le futur Louis XVI. C’est que les mois passent et la dauphine est toujours vierge !
Marie-Thérèse s’étonne de “la conduite si étrange” et “incompréhensible” de son gendre. Marie-Thérèse conseille à Marie-Antoinette de ne pas lésiner sur les caresses... Celle qui est encore une adolescente - elle a seize ans - riposte :
“La nonchalance n’est pas de mon côté...”
Il faudra l’aide des médecins et sept ans de patience avant que Marie-Antoinette connaisse enfin le grand frisson ! La belle-mère, qui s’impatiente d’avoir un petit-fils, est rassurée sur les capacités sexuelles de Louis.
Enfin comblée, la jeune maman lui écrit :
“Je suis dans le bonheur le plus essentiel de ma vie. Il y a déjà plus de huit jours que mon mariage est consommé ; l’épreuve a été réitérée, et encore hier plus complètement que la première fois... Je ne crois pas être grosse encore, mais au moins j’ai l’espérance de pouvoir l’être d’un moment à l’autre.”
Quelques mois plus tard, elle était enceinte d’une fille.

Deux lettres valent mieux qu’une

Imprévisible, l’amour frappe même chez Louis Pasteur, vingt-six ans, qui n’envisageait nullement de se marier. Il avait établi clairement son avenir : il partagerait l’existence d’une de ses sœurs et se consacrerait à la science !
C’était compter sans Marie Laurent, fille du recteur de l’Académie de Strasbourg, qui lui fait tourner la tête. Alors, Louis Pasteur prend sa plus belle plume et écrit à M. Laurent pour se déclarer et demander la main de la demoiselle. Un mois et demi se passe ; la missive demeure sans réponse. Louis persévère et s’adresse cette fois à la maman.
“Jusqu’au jour où j’aurai la certitude que je ne puis être aimé de Mademoiselle Marie, je serai fort inquiet. Je crains surtout, et c’est pour cela que je vous écris ces quelques mots, qu’elle ne s’attache trop à ses premières impressions qui ne peuvent m’être que défavorables. Car je sens bien que je n’ai rien de ce qui, tout d’abord, plaît à une demoiselle chez un jeune homme. Mais mes souvenirs me disent que quand j’ai été beaucoup connu des personnes, elles m’ont aimé. Je souhaite de tout mon cœur qu’il en soit ainsi pour mademoiselle Marie. Ayez la bonté de lui dire d’attendre pour se former une opinion définitive et chassez tout ce qui l’empêcherait de me donner son affection. Je sens qu’elle sera désormais toute ma pensée. Depuis deux jours, elle la remplit déjà.”
Dans le même pli, il glisse une lettre destinée à Marie achevée par ces lignes :
“Je voudrais toujours être auprès de vous et de Madame Laurent. Mon travail n’est plus rien pour moi, moi qui aimais tant mes cristaux.”
La mère est touchée. La fille aussi. Et, finalement, le mariage se célébre le 29 mai 1849 à Strasbourg, à l’église Sainte-Madeleine. Le voyage de noces transporte les tourtereaux à Bade. Où Mme Laurent et son mari les rejoignent. D’emblée, les vœux de Louis Pasteur allaient être exaucés : il aurait sa belle-mère près de lui...

Extraits de "Folles histoires d'amour" de Marc Pasteger - Copyright Jourdan Editeur 2008

Posté par mpasteger à 13:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


04 février 2008

"Folles histoires d'amour" sur Nostalgie

Depuis ce matin et pendant quinze jours, Nostalgie diffuse sur son antenne 80 spots pour annoncer la sortie de mon nouveau livre, "Folles histoires d'amour". Dans le cadre de cette campagne, j'ai adapté 8 textes du bouquin. Je raconte ces faits divers insolites et vrais en 90 secondes chacun.
Comme ce fut le cas pour "Folles histoires à boire et à manger", Jourdan Editeur a signé un contrat de partenariat avec Nostalgie.

Posté par mpasteger à 13:56 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Mon nouveau livre : "Folles histoires d'amour" !

A quelques jours de la Saint-Valentin, mon nouveau livre vient de sortir : "Folles histoires d'amour" (Jourdan Editeur). Comme dans "Folles histoires à boire et à manger" fin 2007, j'ai mélangé les récits insolites, mystérieux, cocasses et, parfois, dramatiques. Voici un exemple avec l'un de ceux que je préfère !

La dame du parc

Il fait plutôt doux ce 24 avril 1975 dans la région de Limoges. Karine Loret, jeune institutrice de vingt-sept ans, profite de la fin d’après-midi pour s’attarder dans un parc public. Après avoir marché quelques centaines de mètres, elle s’assied sur un banc isolé et se plonge dans le roman en format de poche dont elle a commencé la lecture la veille : “Le président” de Georges Simenon.
Aux alentours, il y a un peu de monde. Des enfants courent dans l’allée au bord de laquelle Karine s’est installée. Mais, totalement absorbée par les manigances des personnages ayant pris vie dans son esprit, elle ne voit rien. Et ne remarque donc pas une dame d’un âge très avancé, habillée d’une longue robe noire à fines ligne blanches, coiffée d’un fichu des mêmes tons dont dépassent quelques cheveux gris et chaussée de sabots.
Au cœur de ces années 70 où les créateurs de mode s’autorisent toutes les audaces, la dame pourrait ne pas dénoter. Si, toutefois, elle ne donnait pas l’impression de sortir d’une autre époque. Car ses vêtements n’imitent pas des textiles anciens; ils sont vieux, très vieux même.
D’un pas assez lent, mais assuré, elle s’approche de Karine. Lorsqu’elle se trouve juste face à elle, d’une voix douce, elle dit :
- Mademoiselle...
Karine lève les yeux et, d’emblée, est accrochée par le regard de son interlocutrice.
- Mademoiselle, répète-t-elle.
- Bonjour, madame, répond Karine un rien intimidée.
- L’homme de votre vie va passer ici-même dans quelques minutes. Ne le laissez pas filer car vous ne le retrouveriez plus...
Troublée, Karine Loret prend sur son sac le signet qu’elle y a déposé, ferme son bouquin, regarde à gauche, puis à droite... Aucun représentant de la gent masculine à l’horizon ! Karine éclate de rire et s’exclame :
- C’est une blague !
Elle s’apprête à poser des questions à la promeneuse quand elle se rend compte que celle-ci a disparu. Elle l’appelle, la cherche dans les buissons, arrête trois gamins trottinant à proximité et leur décrit la dame. Mais ils ne l’ont même pas aperçue !
- Elle était devant moi il y a deux minutes !
Les garçons ont l’air sincère.
- Vous, vous étiez assise, d’accord. Seule...
- Sur le banc, oui. Mais, face à moi, il y a avait quelqu’un...
- Non, vraiment...
Et le trio s’éloigne en continuant à jouer.
Équilibrée, sportive, enseignante réputée pour le sérieux dont elle fait preuve avec ses petits élèves de sept et huit ans, élevée par une mère professeur de français et un père expert comptable, Karine Loret incarne la fille bien dans sa peau.
Certes, autrefois, lorsqu’elle se projetait aux abords de la trentaine, elle se voyait plutôt mariée et plutôt maman. Il y avait donc un manque dans sa vie. A deux reprises, elle a cru rencontrer le grand amour. En vain.
Depuis une vingtaine de mois, elle est un cœur à prendre. La teneur du message de la mystérieuse interlocutrice l’a donc interpellée.
Pourtant, Karine se moque des diseuses de bonne aventure, des astrologues et des voyants qu’elle assimile, un peu vite, à des charlatans. Elle n’a d’ailleurs jamais été tentée d’en consulter un seul. Même pas lorsque, larguée par son dernier petit ami, elle s’est demandée si elle n’allait pas finir vieille fille...
Évidemment, elle a d’abord ri quand elle a entendu les mots de l’inconnue. Mais, immédiatement, elle a quand même tourné la tête, cherchant cet homme susceptible de débouler dans son existence !
- Je suis grotesque, pense-t-elle.
Elle ne le croit cependant pas vraiment car quelque chose l’a touchée profondément dans ce très court dialogue. Comme si la messagère venait de lui confier quelque chose qu’inconsciemment Karine savait primordial. Et puis cette intruse, pourquoi et comment s’est-elle éclipsée ?
Miss Loiret en est là dans ces questions demeurant sans réponse lorsqu’au fond du chemin, elle distingue un type courant après un chien en criant :
- Tommy ! Tommy, au pied !
Karine observe la scène et sourit car il apparaît clairement que le gros toutou ressemblant à un Saint-Bernard, augmentant sans cesse son avance sur son poursuivant, se moque pleinement des appels d’un maître manquant autant d’autorité que de souffle.
Lorsqu’il parvient à la hauteur de Karine, le malheureux est sur le point de cracher ses poumons ! En une fraction de seconde, Karine prend la situation en main.
- Reposez-vous ! Je m’occupe de Tommy !
Et elle démarre comme une flèche ! Autour d’elle, les gens sont impressionnés. Et même le chien doit comprendre qu’il est peut-être tombé sur plus rapide que lui et qu’il risque d’être ridicule ! Car quand Karine se met à hurler “Tommy!”, il ralentit. Et, un peu plus tard, s’arrête au milieu de la pelouse et se couche !
Prudente, Karine tend la main afin de montrer qu’elle souhaite le caresser.
- Bonjour Tommy !, murmure-t-elle. Tu es gentil ! Et très beau ! Moi, je m’appelle Karine...
- C’est fou ce qui...
Le propriétaire de Tommy a encore besoin de récupérer de l’oxygène.
- C’est fou, oui, ce qui arrive ! D’hab...
Nouvelle inspiration.
- D’habitude, il n’obéit à per...
Courte coupure.
- ... sonne !
- Sauf à moi !, triomphe Karine.
- Sauf à vous!, admet l’étranger un peu penaud.
- L’essentiel est que vous l’ayez récupéré !
- Vous avez raison...
- Je me présente : Karine Loret.
- Enchanté; Christian Bertholot !
Affalé dans l’herbe, Tommy ne songe visiblement plus à fuguer ! Il a même l’air content de cette petite halte.
Karine trouve Tommy mignon et Christian, involontairement, assez rigolo, mais pas grotesque ! Il semble simplement empoté face à ce grand toutou sur lequel il n’a aucune prise. Et Karine se dit que, dans la vie quotidienne, il doit être du genre vite dépassé par les événements... que l’on aimerait aider à s’en sortir !
Subitement, lui reviennent ces mots :
- L’homme de votre vie va passer ici-même dans quelques minutes. Ne le laissez pas filer car vous ne le retrouveriez plus...
Est-ce lui ? Ou bien cette histoire relève-t-elle du canular pur et simple organisé par un copain farceur ? Karine n’oserait se prononcer. Une chose est cependant sûre sans qu’elle puisse pour autant l’expliquer : elle n’a pas envie que Christian et Tommy déguerpissent !
Alors elle fait la conversation :
- Vous venez souvent par ici ?
- Jamais!, s’exclame Christian. C’est la première fois. Je n’habite pas du tout dans le coin. En fait, je suis venu déposer une lettre urgente chez un client. Et vous ?
- Moi, je connais bien l’endroit car l’école où je travaille se situe à deux pas.
L’autre faisant mine de s’en aller, Karine propose :
- Voulez-vous que je vous offre un verre ? Il y a un bistrot à côté. Une bonne boisson fraîche vous fera le plus grand bien !
Un peu surpris, Christian consulte sa montre, hésite puis accepte. Tommy suit avec un plaisir qu’il ne songe même pas à dissimuler car, à peine levé, il agrippe ses pattes de devant sur le bras droit de la jeune femme ! Ce qui lui vaut une réprimande de son maître.
- On dirait qu’il m’a adoptée !, souligne Karine.
- La plupart du temps, rétorque Christian tout en avançant vers la sortie du parc, ce sont les humains qui adoptent les animaux, pas l’inverse.
- Moi, je crois que cela doit être réciproque... Vous avez Tommy depuis longtemps ?
- C’était le chien de ma grand-mère décédée il y a trois mois.
- Je suis désolée...
- Elle avait quatre-vingt-dix ans. En tant que son unique petit-enfant, j’étais très proche d’elle ; je la visitais tous les jours. Elle se prénommait Eugènie et, à de multiples reprises, elle m’a affirmé : “Tu es le soleil de ma fin de vie...” Elle est partie sereinement. Seul le sort de Tommy la tracassait. Grand-maman l’imaginait rejeté dans une quelconque S.P.A. Afin de la tranquilliser, je lui ai promis de recueillir ce chien auquel elle tenait tant. De ce jour-là, elle n’a plus eu peur de mourir...
Au bistrot, Karine boit son café à petites gorgées, parle de tout et de rien, s’inquiète de Tommy pour qui elle commande de l’eau.
Une fois la bière pression avalée, Christian se décontracte.
- Vous avez eu une bonne idée ! Cet endroit est sympa, et notre rencontre tellement insolite...
Ils demandent la même chose au garçon et, lorsque Christian annonce qu’il doit prendre congé, Karine ressent comme un pincement au cœur. Tommy, lui, n’a pas l’air d’accord de vouloir s’en aller.
Christian insiste pour payer les consommations ; Karine se fait prier, puis cède en sautant sur l’occasion :
- Alors, la prochaine fois, ce sera mon tour !
Et se sent obligé de préciser :
- Enfin, si vous acceptiez de me revoir...
A cet instant précis, le serveur vient encaisser. Cela dure quelques secondes seulement, mais celles-ci paraissent bien longues pour Karine s’attendant à une réponse du genre :
- Pourquoi pas? Le hasard va peut-être nous réunir dans un autre parc !
Ou :
- Désolé, mais ma fiancée m’attend...
Ou bien encore :
- Écoutez, je préfère être clair : vous n’êtes pas mon type !
Karine broie à ce point du noir qu’elle n’entend pas Christian.
- Avec plaisir ! Vous viendriez dans mon quartier ?
Et, du coup, elle doit lui faire répéter !
Trois jours plus tard, Karine, Christian et Tommy se retrouvent à la terrasse d’une brasserie.
Sans trop le montrer, la demoiselle est émue. Elle a eu du mal à penser à autre chose qu’à cette fin d’après-midi un rien surréaliste. Christian, plutôt réservé de nature, refrène son emballement. Mais, visiblement, Karine ne le laisse pas indifférent. Quand à Tommy, lui, il ne cache pas ses sentiments. Dès qu’il a aperçu Karine, il a foncé vers elle et exigé un câlin ! Ces trois-là vont assez bien ensemble.
Il faut quelques semaines aux jeunes gens pour s’avouer mutuellement leur attirance.
A ce moment seulement, Karine ne peut s’empêcher d’évoquer la dame du parc et ses paroles énigmatiques. Lorsqu’elle la décrit, Christian blêmit.
- Une robe noire à fines rayures blanches, un fichu sur la tête et des sabots ... Tu es sûre ?
- Certaine ! Je ne l’oublierai jamais; c’était comme une apparition. Pourquoi ?
- Cela correspond exactement à la façon dont ma grand-mère s’habillait toujours...
Karine en frissonne. Christian poursuit.
- Portait-elle de petites lunettes rondes à monture métallique ?
- Oui...
- Avait-elle les yeux bleus ?
- Je crois bien...
- Et un grain de beauté sur la joue droite ?
- C’est la première chose qui m’a frappée chez elle...
Karine et Christian demeurèrent silencieux. Puis se posèrent la seule question qui comptait : et si Eugènie, veillant toujours attentivement sur son petit-fils, avait un instant déserté les ténèbres pour appeler l’attention de Karine sur son futur bonheur ?
Ils finirent par admettre que, même si elle devait faire ricaner, à leurs yeux, l’hypothèse était plausible. Et, une quinzaine de mois plus tard, lorsqu’ils se marièrent, convaincus qu’elle ne pouvait être loin, Karine et Christian firent ensemble un clin d’oeil complice à Eugènie.

Extrait de "Folles histoires d'amour" - Copyright Jourdan Editeur 2008

Posté par mpasteger à 01:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

19 janvier 2008

Un chien peut en cacher un autre

Années 50 à Charleroi. Un homme est désespéré. Le vétérinaire vient de lui dire qu’il n’y a plus rien à faire pour sauver son chien. Alors, afin d‘abréger les souffrances de la bête, le type se résout à l’abattre. Il sort dans le jardin, attache son fidèle compagnon à un arbre et pointe son fusil vers lui. Mais il pleure tellement qu’il ne distingue pas nettement la cible. Il tire pourtant... et tue une passante! Son nom: Mme Lechien...

Extrait de "Incroyable mais belge !" de Marc Pasteger - Copyright éditions de Fallois - 2005

Posté par mpasteger à 21:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

18 janvier 2008

Les mamans sont formidables !

Au péril de sa vie, Evelyne sauve la vie de ses trois enfants prisonniers de leur pavillon en feu... Beth adopte vingt-neuf gosses pour leur offrir un foyer... Ariane ne se remarie pas afin de pouvoir s'occuper du seul homme comptant à ses yeux : son fils...

A l'occasion de la fête des mères de l'an dernier, j'ai raconté vingt-sept histoires vraies et magiques rendant hommage à des femmes anonymes. Ce livre, "Les mamans sont formidables!", paru à Paris aux éditions de l'Archipel, est également sorti depuis peu aux Editions Corps 16 qui publient des ouvrages en grands caractères.

Posté par mpasteger à 22:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Lu dans La Libre Belgique

RÉCITS

Folles histoires à boire et à manger

Marc Pasteger

Jourdan éditeur (382, avenue de la Couronne, 1050 Bruxelles), 236 pp., env. 17,90 €

Journaliste de presse écrite autant que radiophonique, notre confrère Marc Pasteger publie des livres à un rythme soutenu: ainsi, depuis 2004, lui doit-on "La mer qui se souvient" (anecdotes historiques et culturelles liées à la Côte belge) et "Incroyable mais belge!" (tous deux parus chez de Fallois), "Belles histoires du temps de Noël" et "Les mamans sont formidables!" (l'un et l'autres édités par L'Archipel). A présent, ce conteur-né nous tresse un collier de "folles histoires à boire et à manger" qu'on lit pour se divertir autant que pour s'instruire. Il ne s'agit pas d'un livre de cuisine ni d'un recueil de notices concernant des plats ou des mets, nous prévient l'auteur à l'accent très vivant, mais des récits amusants, mystérieux, voire dramatiques, toujours vrais, où la nourriture ne sert parfois que de prétexte. Un livre qui ne laisse pas son lecteur sur sa faim.

Fr.M.

La Libre Belgique - 11 janvier 2008

Posté par mpasteger à 21:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]